3.1 Décider des politiques
Il y a deux types de décision en sociocratie: les opérationnelles et les politiques
Opération
Les opérations sont des tâches pour réaliser le but du cercle à l’extérieur des réunions. Les décisions opérationnelles sont prises par quiconque a l’autorité de le faire. Elles sont prises au cas par cas, généralement dans le délai de la tâche à accomplir selon l’organisation définie par le cercle lui-même.
Politique
Les politique sont faites pour encadrer, guider et soutenir les opérations. Elles sont adoptées par consentement.. Elles sont prises pour le long terme.
Il est intelligent de créer des politiques pour gagner du temps, clarifier et s’améliorer afin d’atteindre la situation souhaitée comparativement à celle actuelle.
Il existe quatre types de politiques:
- Rôle: ensemble de responsabilités et de pouvoirs
- Sélection: Choix d’attribution d’un rôle à une personne
- Directives: Énoncé général qui exprime ce qui est autorisé ou non
- Processus: Énoncé général qui dicte les étapes de la réalisation des opérations
Les politiques sont à la fois contraignantes et libératrices: elles limitent les options sur la manière dont les choses peuvent être faites et libèrent les personnes en créant un cadre clair dans lequel elles ont la liberté d’agir.
Une politique peut aussi être vue comme un moyen de prendre des décisions en bloc en évitant le cas par cas. Elle cadre toutes les décisions similaires. Elles sont généralement globales et évite de repasser par le même processus décisionnel à chaque fois.
Méthodes de prise de décision
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Une personne décide: Rapide mais possède l’inconvénient d’entraîner un manque de partage d’information. Les réactions sont la soumission ou la rébellion.
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La majorité décide: Relativement rapide mais ignore généralement une grande partie des individus (jusqu’à 49.9%). C’est la tyrannie de la majorité. Ce vote récompense les comportements POUR ou CONTRE, soit le conflit.
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Le consensus: Plus long et fonctionne seulement en petits groupes homogènes (5 à 10). C’est la tyrannie de la minorité. La sociocratie, par différents cadres, permet de réduire les désavantages de ce mode de décisions pour n’en conserver que le meilleur.
En rappel, que les décisions opérationnelles sont faites par le cercle, l’individu ou le groupe qui possède l’autorité en question. L’efficacité reste de mise.
Le consentement
Noyau de la sociocratie, il faut le distinguer du consensus qui lui est bien différent. Une décision par consentement est prise lorsque personne n’a d’objection (verbalement: « ça me convient » / « je n’ai pas d’objection »).
Le consentement est utilisé pour: décider des politiques, attribuer des mandats (sélection), décider de l’ordre du jour et approuver le compte rendu.
Autrement dit, une objection se formule de la sorte:
Si nous approuvons cette proposition, je ne serai pas en mesure de faire mon travail pour atteindre le but du cercle aussi bien qu’avant.
Les conditions pour obtenir un mode de consentement qui fonctionne sont que:
- Les membres sont désireux de discuter ensemble suffisamment longtemps pour résoudre les objections
- Le groupe partage un but commun
- Le groupe doit pouvoir choisir ses membres
Par ailleurs, tout membre du cercle peut retirer son consentement. Des options peuvent êtres définies par le cercle dans de tel cas.
Finalement, le consentement à une limite importante: celui des préférences personnelles. Par exemple, le choix d’une couleur. Le consentement pourrait dans ces cas être utilisé pour définir la manière de décider. Il doit y avoir une base raisonnable pour s’objecter. Ceci étant dit, nous voulons éviter les jeux de pouvoir.
Zone de tolérance
Si vous aviez une chose à comprendre, ce serait ça… 
La zone de tolérance est tout ce avec quoi une personne peut vivre, dans le respect de ses limites. Il ne s’agit pas de sa préférence!.
Préférence: le choix préféré
Zone de tolérance: Tout ce avec quoi une personne peut composer, y compris sa préférence.
Objection: En dehors de la zone de tolérance, et tout ce qui nuit à la réalisation du but.
Constatez comment l’espace de décision est plus grand lorsqu’il y a tolérance plutôt que préférence.
En s’écoutant les uns les autres, on devient disposé à accepter les préférences des autres et assouplir les siennes.
Le consentement, jumelé avec la zone de tolérance, permet d’avancer, surtout en mode « C’est assez bien pour moi » ou « C’est assez bien pour l’instant ».
D’ailleurs, la réflexion revient constamment au but, l’intention du cercle. Dans le même sens, la préoccupation qu’une proposition ne va pas dans le sens du but du cercle est une objection.
Les objections sont des informations précieuses, elles aident à se recentrer et elles constituent le début d’un esprit d’amélioration.
Toute objection est valable à partir du moment où elle a été exprimée. En tant que cercle, nous pouvons alors explorer si nous voyons la proposition interférer avec le but du cercle.
Au final, nous assumons ensemble les conséquences de nos choix avec le consentement. D’ailleurs, des problèmes qui ne sont jamais traités contribuent à créer une culture de groupe toxique.
Différence entre consentement et consensus
Tout d’abord, un « consensus » n’a pas de définition, certains peuvent le voir comme le consentement tandis que d’autres non.
Le consensus, similaire à l’unanimité, s’obtient par des requêtes du genre « Êtes-vous d’accord? » tandis que le consentement (« Avez-vous une objection ») inclut la zone de tolérance ainsi que la préférence personnelle.
Subtil vous me direz, mais très important.
3.2 Élaborer une politique (ENTRÉE - TRANSFORMATION - SORTIE)
Tous les processus se composent de la même séquence: entrée, transformation et sortie. Celle-ci peut se nommer orienter-exécuter-mesurer ou bien comprendre-explorer-décider mais le principe reste le même.
Ce cadre permet d’assurer que tout le monde arrive aux mêmes étapes en même temps. Il évite les confusions et s’assure du coup de la compréhension des enjeux tout au long du processus.
D’autres recommendations sont de mise telles que:
- Les membres ne devraient pas passer leur tour.
- Les prises de paroles doivent rester brèves et pertinentes.
- Il est important de faire chaque étape pour en rester conscient.
Petit concept à explorer: dette socio-émotionnelle.
COMPRENDRE - EXPLORER - DÉCIDER
Tout d’abord, dans l’ensemble de ces processus, nous cherchons un espace où il est possible de se tromper. Il s’agit d’un espace sécuritaire. Un endroit où l’on évite de perdre de l’énergie à convaincre les autres. Le tout se fait en mode bienveillance (CNV) avec des déclarations affirmatives (« Je pense que nous… », « Je crois que… »).
Il n’y a aucun risque à faire une proposition.
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Comprendre: Quels besoins devons-nous prendre en compte? Ici on partage les informations et on fait des tours de questions de clarification.
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Explorer: Examiner davantage d’éléments, rassembler des idées. Il s’agit de la phase générative. On fait un tour de réaction, suggestion
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Décider: Résultat et communication de la décision / politique
Résumé de résumé
Ce chapitre est ardu à résumer puisqu’il doit être appliqué. Sommes toutes, comme référence, voici un tableau des étapes pour décider d’une politique:
| Étape / Intention |
Outils |
Durée type |
Indicateur de réalisation |
| COMPRENDRE |
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| 1. Comprendre le contexte — clarifier ce dont il est question et pourquoi |
Tour de parole, exposé bref, notes partagées |
3–5 min |
Répondre pleinement aux questions de tous les membres. |
| 2. Explorer les besoins sous-jacents |
Tour de réactions |
5–10 min |
Aucun besoin supplémentaire à ajouter. |
| 3. Synthétiser le problème / le besoin |
Écrire le problème et l’énoncé des besoins |
5–10 min |
On obtient le consentement sur l’énoncé des besoins |
| EXPLORER |
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| 4. Comprendre la portée de la politique |
Tour(s) sur les dimensions |
5–10 min |
La liste des dimensions est complète |
| 5. Explorer et intégrer — chercher comment la proposition peut s’améliorer |
Remue-méninges, dialogue en petits groupes, « comment pourrions-nous… ? » |
10–30 min (variable selon la complexité) |
Rien à ajouter, les dimensions sont couvertes |
| 6. Synthétiser en une proposition |
Écrire une ébauche |
2 - 5 min |
Ébauche écrite, dimensions couvertes |
| DÉCIDER |
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| 7. Comprendre la proposition, explorer et synthétiser les réactions |
tour de clarification, tour de réactions rapides, synthèse des réactions |
2–5 min (ou 10–15 min si objections) |
Les questions sont répondues et tous les membres ont parlé. Le groupe est prêt à la décision. |
| 8. Reformuler la proposition, tour de consentement, reconnaître le consentement ou les objections |
Présenter, tour de consentement, décision / objection |
5–10 min |
La proposition est présentée, tous les membres du cercle ont parlé, la décision est prise. |
| 9. Planifier la communication, préparer les supports de communication, communiquer |
Tours sur les idées, rédifer, consentement, Rédiger les supports. Outils de communication. |
5 min (+ suivi continu) |
Le consentement est donné, tous les supports sont préparés, la politique est communiquée. |
Une réunion de politique prendra entre 45min et 1h30min. Constatez que le consentement s’applique seulement à deux endroits. La transformation de la proposition se fait rapidement et les modifications finales sont poussées vers la fin. Bref, essayez toujours de faire un pas en avant, nous ne voulons par perdre de temps à spéculer sur ce qui pourrait arriver.
Options d’amendement
En cas de désaccord, les options suivantes réussises généralement à débloquer la situation:
- Rendre plus courte la durée de la politique
- Rendre la politique plus sûre grâce à des mesures (Si politique A n’obtient pas Y, on la révise)
- Établir un plan pour obtenir plus d’informations
- Établir un plan pour savoir quand et comment rediscuter de la proposition
- Même l’abandon d’une proposition devrait faire l’objet d’une décision par consentement.
Améliorer le déploiement des politiques
Mettre en place des indicateurs (dans le plan de communication), ce peut être par exemple, le taux de clic, le nombre de nouveaux membres, les dons, etc.
Les canaux de rétroaction doivent aussi être définis. À savoir qui doit être contacté, comment, etc.
Ces étapes sont importantes pour assurer qu’une politique peut et reste appliquée.